La photographie
Parmi les loisirs pratiqués par les poilus, la photographie occupe une place particulière puisqu'elle permet d'informer l'arrière qu'il s'agisse des photos prises pour la famille ou de celles se retrouvant dans l'une des revues de propagande destinées à publier des photos du front comme le Miroir de la guerre ou J'ai vu.
On utilise encore à l'époque des chambres photographiques posées sur trépied permettant des impressions sur plaque de verre. L'appareil qui suit, commercialisé par Frédéric Jonte, ébéniste en appareils photographiques à Paris, est doté d'un optique portant les inscriptions JUNIOR PAT JULY 23. 1901 WOLLENSAK OPT. CO. ROCHESTER NY USA.
Cependant, le vest pocket de kodak a su, grâce à sa taille réduite et à l'avantage de la pellicule plastique, s'imposer comme "Le Kodak du Soldat". Le modèle "Autographic", avec le stylet permettait d'annoter la photo remplaçant en 1915 un premier modèle simple créé en 1912.
Voici mes deux appareils, tous deux à stylet (ce dernier est visible sur la première photo, posé sur le volet autographic ouvert) ; l'un est présenté ouvert et l'autre fermé.
Voici l'un de ces appareils accompagné de 4 photos d'époque prises sur le Front par des soldats. On notera la petite taille de ces photos : 42 mm x 64 mm.
Pour finir, une publicité parue dans le journal l'Illustration en 1916 et vantant le vest pocket kodak dernier modèle.
Autre appareil ayant les faveurs du poilu, le Glyphoscope est un appareil photographique stéréoscopique rassemblant deux objectifs placés à la même distance que les deux yeux, destiné à produire deux photographies jumelles (mais non semblables) en vue de la restitution du relief, de la 3e dimension.
Inventé par Jules Richard, l’appareil a été fabriqué entre 1904 et 1933 mais commercialisé jusqu’au début des années 1940. Il permet de prendre des photos stéréoscopique sur plaques de verre de format 45 x 107 mm. La partie métallique avant s'enlève facilement, le corps se transformant alors en visionneuse stéréo, après avoir retiré le panneau dorsal.
Sur l’appareil en celluloïd massif est moulée l’inscription « LE GLYPHOSCOPE BREVETÉ S.G.D.G. J. RICHARD A PARIS ». La façade porte pour sa part La même inscription associée au numéro de série 44688.
Bien que déjà en usage avant le conflit, le Glyphoscope est très populaire durant la Première Guerre mondiale : tout comme le Vest Pocket de Kodak, il bénéficie d’annonces publicitaires à destination du soldat qui peut aussi en assurer le développement. D'ailleurs, le catalogue de la Manufacture d'Armes et Cycles de St-Etienne le proposait à la vente en 1913 en même temps qu'un autre appareil réputé de la société Richard, le vérascope :
De nombreux poilus l’ont ainsi utilisé pour prendre leurs photos en reliefs et très grand nombre des plaques stéréoscopiques prises sur les champs de batailles et dans les tranchées ont été éditées après le conflit.
Trois exemples de photos stéréoscopiques prises par un poilu :
2 septembre 1918 : Compiègne (Oise) matériel pris aux Allemands
(Marne) bivouac sur la voie romaine
9 janvier 1918 : A la maison forestière (Champagne) le ravitaillement en eau par des "bourriquets"
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